Le refuge texan de la Grande Armée.
La colonie française du « Champ-d’asile » est détruite le 10 octobre 1818. Champ d’asile est une éphémère colonie constituée au Texas, à l’origine par cent vingt officiers bonapartistes refusant le retour de la monarchie en France. Les Bonapartistes débarquent en Amérique peu après l’abdication définitive de leur empereur et font jouer leur réseau pour se trouver un terrain d’accueil. Le Congrès américain offre aux Français la Colonie de la vigne et de l’olivier le 3 mars 1817 située dans l’actuel état de l’Alabama.
Sur place, les deux officiers Henri et François Antoine Lallemand revendent à prix d’or leur parcelle et quittent l’Alabama pour le Texas à la recherche d’un nouvel emplacement. Ils s’appuient pour ce faire sur l’expertise du corsaire louisianais Jean Laffite qui connaît la côte texane comme sa poche.
En mars 1818, les frères Lallemand s’installent sur la rivière Trinity, à proximité de l’actuelle ville de Galveston et y fondent une nouvelle colonie qu’ils baptisent « Champ d’asile ». Ils rachètent pour quarante mille hectares de terrain (soit deux fois la ville de Paris) et se donnent les moyens de leurs ambitions. Champ d’asile est rapidement peuplé de quatre cents Français. Cent cinquante français installés à l’origine à New-York et Philadelphie, cent vingt officiers bonapartistes et une centaine de réfugiés de Saint-Domingue.
Sur place, la colonie fonde quatre forts protégés par huit canons et commence à battre sa propre monnaie frappée d’un coq côté pile et d’un soldat-paysan côté face. Champ d’asile peut compter sur sa voisine, la petite république fondée par Jean Laffite de l’autre côté du fleuve. Mais l’expérience tourne finalement court. Le Texas est en effet un territoire espagnol et Juan Castaneda va rapidement se charger de mettre un terme à la colonie française.
Les forts sont démantelés le 10 octobre 1818, les colons français se replient en Alabama, l’expérience d’un peuplement français au Texas n’aura pas duré plus de sept mois. Il faudra attendre une vingtaine d’année pour voir des Français se réinstaller dans l’arrière-pays.
Ce nouveau projet sera initié par Henri Castro qui, comme son nom l’indique, n’est pas Cubain mais Basque. En 1842, il fondera la ville de Castroville, rapidement peuplée par huit mille Français, principalement originaire d’Alsace et de la province allemande de Bade. La ville de Castroville existe toujours, elle est aujourd’hui modestement peuplée de trois mille habitants, dont la moitié sont des descendants alsaciens.
Illustration : Auguste Henri Dufour (1798-1865), Champ d'asile, carte du République de Fredonia, source Wikimédia.
Pour aller plus loin : Maurice Ezran, « Histoire du Texas », Éditions L'Harmattan, 2000.
208 ans jour pour jour, 10 octobre 1818.
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