LA VENDÉE ETLA BRETAGNE INSURGÉES PROCLAMENT LOUIS XVII VIVANT ! – FIN JUIN 1795 –LA CONVENTION SAIT QU’IL EST VIVANT ET LIBRE !
De fait, le jeune Roi fut délivré de sa prison dans la soirée du 12 juin 1795. L’accord a été tenu, secrètement, car une large partie dela Conventionignorait les « articles secrets » de ce Traité (voir notre post : le Traité dela Jaunais).
1° Le général Joseph de Puisaye – 30 juin 1795
Le Général de Puisaye, comme tous les chefs de la défense royaliste, SAIT que Louis XVII a été libéré du Temple et demande à ce qu’il soit proclamé Roi!
Voici la proclamation du Général Joseph de Puisaye, commandant en chef de l’armée royale de Bretagne, en date du 30 juin 1795, 15 jours exactement après l’évasion de Louis XVII :
« Français !
Au nom de Dieu, de votre Roi et de vos Princes légitimes, nous venons vers vous avec des paroles de paix.
Pourquoi cet intéressant et auguste rejeton de tant de Rois (Louis XVII), le fils de ce malheureux Monarque (Louis XVI), qui, croyant se confier à l'amour de son peuple, s'est précipité lui-même dans les bras de ses assassins, n’est-il pas proclamé Roi, rendu au Trône de ses ancêtres et environné des gardiens et conseils que la nature et la loi lui désignent..?
Soyez les sauveurs de notre patrie...
Il est glorieux de recevoir le prix de la valeur des mains d'un Roi qu'on a rétabli dans ses droits.
Au quartier général de Carnac.
Le 30 juin 1795.
Signé : PUISAYE. »
Cette proclamation est citée dans les « Mémoires surla Vendée » par le Comte de Vauban (1806).
Le Comte de Provence, on s’en doute, blêmit devant cette proclamation. Etienne de Jouy (1764-1846) dans sa « Biographie des Contemporains » (Paris – 1821 – tome XVII, page 145) dit en parlant du Général de Puisaye:
« Ses violents démêlés avec les agents du Roi (Louis XVIII qui n’était alors que Comte de Provence), forcèrent le général Puisaye à donner sa démission en 1797... et il quittala France... Ladisgrâce dans laquelle cet officier général était tombé avantla Restaurationne paraît pas avoir cessé depuis, et il n'est pas rentré en France. »
2° Le Général François Charrette dela Contrie
Sous les murs des Sables-d’Olonne, en décembre 1795, 6 mois après le prétendu décès de Louis XVII, le Général Charrette de la Contrie fit l’adresse suivante à son armée en parlant du jeune Roi:
« Unique et débile rejeton de ce grand arbre tranché par le glaive, tu n'as recueilli des tiens qu'un héritage de malheur, et, pour y mettre le comble, à peine soustrait à la férocité de tes bourreaux, TU ES DEVENU VICTIME DELA TRAHISON DETES DEFENSEURS... (en majuscules dans le texte).
Eh quoi! tu retomberais sous la puissance des tyrans...
Non, non, tant qu'un souffle de vie animera mon existence, la tienne est assurée!
Signé: CHARETTE. »
Cette adresse est rapportée dans « Mémoires » de François XII Alexandre dela Rochefoucauld(1747 – 1827) La Rochefoucauld
On remarquera la phrase : « à peine soustrait à la férocité de tes bourreaux » : c’est-à-dire « à peine évadé du Temple »
Et aussi la suite de la phrase : « tu es devenu victime de la trahison de tes défenseurs » ; ces défenseurs (qui auraient dû du moins être tels) sont les oncles du jeune Roi, au comportement infâme ; celui du Comte de Provence, en réalité, qui a entraîné dans son sillage malfaisant le faible Comte d’Artois.
3°La Conventionet l’armée républicaine
Dans le Moniteur Universel du 20 messidor an III (8 juillet 1795) est rendu compte le procès-verbal de la séance dela Conventionde ce même jour lors de laquelle un membre du Comité de Salut Public lit les lettres envoyées par les Commandants (républicains) des Ports de Lorient, de Nantes, Belle-Isle et de Paimboeuf précisant que les Anglais ont diversement débarqué sur le sol français; il cite notamment la lettre du général républicain Boneret (Belle-Ile) lequel informela Conventionque les Anglais l’ont sommé de se rendre au nom du Roi Louis XVII « qu’il a répondu qu’il avait assez de vivres et d’artillerie et qu’il ne reconnaîtrait jamais Louis XVII » Les autres Commandants reçurent cette même sommation de se rendre au nom de Louis XVII. Ils refusèrent pour le même motif.
La Conventionencaissa le coup, en silence, sans aucune invective, car cette sommation n’était pas une farce ; Louis XVII était vivant et libre, et elle le savait : un choix politique devenait donc possible : Louis XVII oula République…
La Conventionne répond rien et donne juste l’ordre d’insérer ces lettres dans son Bulletin, ce qui a été fait et prouvé par le procès-verbal publié 2 jours après, le 22 messidor an III.
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