Le Secret du Grand Frêne
Dans une clairière baignée de lumière dorée, trois ânes profitaient paisiblement de la douceur du samedi matin. Il y avait Barnabé, le doyen aux longues oreilles grises et au regard sage ; Pompon, un jeune ânon plein d'énergie au pelage rouan ; and Suzie, une ânesse douce qui aimait observer le vol des papillons.
Ce matin-là, Pompon trottait en tous sens, piaffant d'impatience.
« Barnabé ! Suzie ! Réveillez-vous ! C'est le week-end, il faut courir, explorer, traverser le ruisseau, monter au sommet de la colline ! On va rater plein de choses si on reste là ! »
Barnabé laissa échapper un doux braitement amical et s'approcha lentement d'un vieux frêne touffu dont l'ombre projetait de grands arabesques sur l'herbe fraîche.
« Viens plutôt voir ceci, petit Pompon », chuchota le vieil âne en désignant du bout du museau un tapis de trèfles humides de rosée. « Le week-end n'est pas une course. C'est un art. »
Suzie s'approcha à son tour, attrapant délicatement une pomme tombée dans l'herbe pour la partager en trois. Ils s'assirent tous les trois à l'ombre du grand arbre. La brise légère faisait chanter les feuilles, le ruisseau murmura une douce mélodie, et la chaleur du soleil vint réchauffer leur pelage.
Pompon, d'abord réticent, finit par s'allonger entre ses deux compagnons. Il ferma les yeux, écoute le chant d'un merle, sentit l'odeur sucrée de la pomme et la fraîcheur du vent. Pour la première fois de la semaine, il ne pensait ni à hier, ni à demain. Il était simplement là.
« Alors, Pompon, » demanda doucement Suzie en lui caressant la tête de ses oreilles, « que penses-tu de notre aventure ? »
Le petit âne poussa un soupir de bonheur et murmura, les paupières lourdes :
« Je crois que le plus beau des voyages, c'est de prendre le temps de ne rien faire. »
Et c'est ainsi que, sous le grand frêne, les trois ânes savourèrent la plus précieuse des richesses : un week-end d'immobilité, de paix et de douceur. M.H. Selva






