samedi 7 novembre 2026

Ste Carine Souvent ignorée




Les plantes qu'on arrache au printemps se mangent souvent depuis des générations 🌿
Pissenlit, ortie, mauve ou alliaire poussent déjà le long des haies, au pied des murs et dans les coins de pelouse qu'on ne tond pas. Un petit carré laissé libre au fond du jardin suffit souvent pour en profiter.
🧺 Avant la première cueillette :
- identifier la plante avec certitude, à l'aide d'un guide de terrain
- cueillir loin des routes, des passages de chiens et des zones traitées
- choisir les jeunes pousses, plus tendres et plus douces
- consommer avec modération l'oxalis, le pourpier et le chénopode, riches en acide oxalique
L'automne et le printemps sont les deux saisons idéales pour récolter des feuilles tendres

vendredi 6 novembre 2026

Ste Bertille le gui un poison !



Quand les feuilles tombent, de grosses boules vertes apparaissent dans les peupliers : c'est le gui 🌿
Le gui est une plante à part. Il pousse dans les branches d'un arbre, dont il prélève l'eau et les sels minéraux, mais il fabrique son sucre lui-même avec ses feuilles. On parle d'une plante hémiparasite.
Voici ses six secrets, dans l'ordre de l'image :
- Il vit sur un arbre hôte : peuplier, pommier, tilleul, aubépine… plus rarement le chêne.
- Il reste vert : ses feuilles tiennent tout l'hiver, c'est pour cela qu'on le repère si bien sur un arbre nu.
- Ses baies sont blanches et mûrissent en général vers novembre-décembre. Elles sont toxiques pour nous : on les admire sans les goûter.
- Les grives le sèment : la grive draine mange les baies, et les graines collantes restent sur la branche où elle s'essuie le bec 🐦
- Il y a des pieds mâles et des pieds femelles, et seuls les pieds femelles portent des baies.
- « Au gui l'an neuf » : c'est une vieille formule de tradition, on suspendait une branche de gui à la maison pour la nouvelle année.
En petit nombre, le gui gêne peu son arbre. S'il devient très envahissant, il peut l'épuiser, et on coupe alors la branche qui le porte 🏡
Et chez vous, dans quel arbre avez-vous repéré du gui ?

#AstucesMalins #Jardin 

jeudi 5 novembre 2026

Ste Sylvie

 9 surnoms oubliés de nos plantes

Avant les noms savants, nos campagnes avaient leurs propres mots, souvent drôles, parfois un peu crus :
• Gratte-cul : le fruit de l'églantier
• Cul-de-chien : la nèfle
• Bonnet d'évêque : le fusain
• Dent-de-lion : le pissenlit
• Pain de coucou : l'oxalis
• Cierge de Notre-Dame : le bouillon-blanc
• Épine noire : le prunellier
• Herbe de la Saint-Jean : le millepertuis
• Monnaie-du-pape : la lunaire
Chaque région avait les siens. 🗣️ Ceux de vos grands-parents méritent d'être ajoutés à la liste.



mercredi 4 novembre 2026

St Charles


 Avant de choisir une méthode, il faut savoir si la souche va repartir. Pour une bonne partie des arbres, la réponse est non, et l'ouvrage le plus lourd devient inutile.

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LE POINT DE DÉPART, qui explique tout le reste. Une souche coupée à ras ne meurt pas avec l'arbre. Les racines contiennent des réserves de sucres accumulées pendant des années, et beaucoup d'essences les mobilisent pour repartir.
Une souche n'est pas un déchet. C'est un système racinaire intact, avec un garde-manger plein.
LES DEUX MOTS À NE PAS CONFONDRE, parce qu'ils n'appellent pas la même solution.
Le rejet part de la souche elle-même ou de la base du tronc.
Le drageon part des racines, parfois à plusieurs mètres de distance de la souche.
Détruire la souche règle les rejets. Elle ne règle pas les drageons, qui peuvent sortir à l'autre bout de la pelouse.
LA LIGNE DE PARTAGE PRINCIPALE, et elle fait gagner beaucoup de travail. Les résineux ne rejettent pas de souche. L'abattage d'un conifère entraîne généralement la mort du système racinaire.
Un pin, un épicéa, un sapin abattus ne repousseront pas.
Les exceptions existent mais sont rares et identifiables : les ifs, Sequoia sempervirens, Metasequoia, Taxodium, Cryptomeria et Araucaria.
LES FEUILLUS, à l'inverse. D'une manière générale, les feuillus rejettent bien de souche. Les chênes, les frênes, les sorbiers, les merisiers, les noyers, les bouleaux et le ginkgo rejettent aussi, mais avec moins de vigueur.
Et au-dessus, les champions : robinier faux-acacia, peuplier, saule, ailante, châtaignier, prunier, noisetier.
Chez ces espèces, chaque blessure sur une racine superficielle peut déclencher l'émergence de nouveaux drageons. Autrement dit, intervenir maladroitement les multiplie.
CE QUE CELA DONNE SUR LE TERRAIN. Les drageons de peuplier et de robinier traversent pelouses, massifs et même joints de dallage. Les rejets sont parfois assez puissants pour soulever un revêtement de surface compact.
Et le temps joue pour eux : une souche coupée peut continuer à alimenter des drageons pendant plusieurs années grâce aux réserves stockées dans les racines.
Pour un robinier, il faut compter trois à cinq interventions étalées sur une à deux saisons avant que les réserves racinaires s'épuisent, en combinant coupe à la racine et traitement de la plaie à chaque passage.
LE DÉTAIL D'ARBORICULTURE, pour ceux qui veulent garder la souche vivante en cépée. Les rejets issus de bourgeons proventifs, qui apparaissent sous la coupe, sont mieux ancrés. Ceux qui naissent sur le bourrelet de recouvrement, à partir de bourgeons adventifs, sont moins bien ancrés et risquent de s'arracher facilement : il vaut mieux les éliminer.
Dans tous les cas, les rejets restent fragiles pendant leurs deux premières années.
L'AVERTISSEMENT DU POST PRÉCÉDENT, et son explication technique. Il arrive que des racines d'arbres voisins de même essence soient soudées entre elles, par anastomose, ou que les arbres soient issus de drageons d'un même individu.
Un produit appliqué sur une souche peut alors se diffuser par l'intermédiaire des racines et entraîner la mort des arbres liés.
Ce n'est pas une précaution théorique : c'est la raison pour laquelle on écarte les produits dès qu'un arbre vivant de la même espèce pousse à proximité.
LA DURÉE SI L'ON NE FAIT RIEN. Les résineux et les bois tendres, peuplier et tilleul, se dégradent en trois à cinq ans. Un chêne ou un robinier résiste beaucoup plus longtemps.
La décomposition est l'œuvre des champignons, des bactéries et de certains insectes, et sa vitesse dépend de la qualité du bois.
LES DEUX ARGUMENTS OPPOSÉS SUR LA SOUCHE LAISSÉE EN PLACE, et ils sont tous deux documentés.
Pour : une souche en décomposition sert de refuge à la biodiversité, insectes, abeilles sauvages, hérissons, oiseaux, et enrichit le sol en se décomposant. Des insectes rares, nécessaires à l'équilibre écologique du site, en dépendent.
Contre : les insectes xylophages, scolytes, capricornes, bupestes, pondent dans le bois mort. Une souche de résineux laissée en place peut devenir un foyer de scolytes qui s'attaquent ensuite aux arbres voisins en bonne santé, phénomène documenté dans les forêts pyrénéennes après les tempêtes. Et les termites souterrains recherchent exactement ce type de gisement : humide, tendre, à faible profondeur et proche des fondations.
Une souche de feuillu isolée au fond du jardin est un atout. Une souche de résineux au milieu d'une pinède, ou une souche contre des fondations, est un risque.
LES DEUX CAS QUI TRANCHENT SANS DISCUSSION. Le dessouchage complet s'impose dès qu'une construction est envisagée sur ou près de l'emplacement, et dès que la souche appartient à une essence très drageonnante dont les racines doivent être éliminées physiquement.
Résineux : elle ne repoussera pas. Robinier : elle repoussera ailleurs.

mardi 3 novembre 2026

St Hubert



 On célèbre le foie gras comme un mets de fête, mais derrière cette tradition se cache une souffrance que beaucoup préfèrent ne pas voir.

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Les oies ne sont pas des produits, elles sont des êtres vivants capables de ressentir la peur et la douleur. Elles méritent de vivre libres, de marcher, de respirer et de profiter de la vie, pas de finir dans une assiette.
Une tradition ne devrait jamais justifier la souffrance d’un être vivant.

lundi 2 novembre 2026

Jour des Défunts Fin de la diversité linguistique de la France


 Le français, langue d’une minorité

- Le français est à l’origine une langue d’oïl parmi d’autres, celle de l’Île-de-France et de la cour.
- Avec l’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539), on impose le français pour les actes juridiques et administratifs, mais ça ne change presque rien à la langue du peuple : on continue à parler breton, basque, occitan, flamand, alsacien, francoprovençal, corse, catalan, mais aussi une multitude de parlers d’oïl locaux.
- À la fin de l’Ancien Régime, le français est surtout la langue :
◦ de la cour et de la haute bourgeoisie,
◦ de l’administration,
◦ d’une partie des élites urbaines.
- L’abbé Grégoire, en 1794, quand il enquête sur les patois, estime qu’une minorité seulement de Français parle vraiment le français. Le pays est massivement plurilingue.
Autrement dit : du point de vue politique, la France est déjà très centralisée ; du point de vue linguistique, elle ne l’est pas du tout.
▪️Que montre la carte de 1863 ?
La carte que vous avez attentivement regardée provient de l’enquête menée auprès des inspecteurs primaires sous le Second Empire (popularisée plus tard par Eugen Weber). Elle classe les départements selon la proportion de communes où le français est / n’est pas la langue d’usage.
En gros :
- En violet : départements où toutes les communes sont francophones (grosso modo le nord et l’est du Bassin parisien, la vallée de la Loire, une partie du Nord-Est).
- En orange / rouge : départements où toutes ou presque toutes les communes sont non francophones.
- En jaune : forte proportion de communes non francophones.
- En blanc : départements francophones, mais avec patois signalés.
Ce que ça veut dire concrètement :
- Dans une grande partie de l’Ouest (Bretagne, Vendée…), du Sud (aire d’oc, catalan, basque) et de l’Est frontalier (alsacien, francique, occitan alpin, etc.), la langue ordinaire, au village, n’est pas le français. Au village, car à cette date, la majorité de la population habite au village : la parité urbain/rural ne date que de 1931.
- Même dans les zones dites francophones, on parle souvent un patois d’oïl très éloigné du français standard, et on ne maîtrise le français qu’à l’écrit ou dans des situations formelles.
Attention toutefois : non francophone ne veut pas dire que personne ne parle français. Ça veut dire que la langue majoritaire de la commune n’est pas le français, que la vie quotidienne se passe dans une autre langue. Souvent, les notables, le curé, l’instituteur, certains paysans aisés sont bilingues.
Cela dit, en 1863, le cliché d’une « France qui parle français partout » est faux. La situation linguistique du pays évoque plutôt un patchwork de langues et de parlers sur lequel le français gagne du terrain, mais n’a pas encore tout emporté.
▪️Comment le français s’est imposé ?
C’est entre 1870 et 1950 que le français devient la langue quasi exclusive de la population :
- L’école : avec les lois Ferry (années 1880), l’école primaire laïque et obligatoire impose le français comme seule langue légitime. On punit les enfants qui parlent patois ; on les culpabilise.
- Le service militaire : à partir de la conscription de masse, des jeunes hommes de tous les coins du pays se retrouvent mélangés au régiment ; le français devient la langue commune dans l’armée.
- Les déplacements : chemins de fer, migrations saisonnières, exode rural, industrialisation bouleversent des équilibres démographiques très anciens. Résultat : on se marie ailleurs qu’au village, on travaille en ville. Et la pression du français augmente.
- La presse, puis la radio et la télévision : les médias de masse ont besoin d’un vecteur commun partagé par tous ; ils s’expriment donc exclusivement en français standard. Le journal et la radio sont de puissants outils d’uniformisation.
- La centralisation administrative : pour écrire au préfet, au percepteur, pour lire les formulaires, il faut bien sûr parler français.
Résultat : en deux ou trois générations, les enfants de locuteurs bretons, occitans, alsaciens, corses se transforment en francophones exclusifs.