vendredi 6 novembre 2026

Ste Bertille le gui un poison !



Quand les feuilles tombent, de grosses boules vertes apparaissent dans les peupliers : c'est le gui 🌿
Le gui est une plante Ă  part. Il pousse dans les branches d'un arbre, dont il prĂ©lĂšve l'eau et les sels minĂ©raux, mais il fabrique son sucre lui-mĂȘme avec ses feuilles. On parle d'une plante hĂ©miparasite.
Voici ses six secrets, dans l'ordre de l'image :
- Il vit sur un arbre hĂŽte : peuplier, pommier, tilleul, aubĂ©pine… plus rarement le chĂȘne.
- Il reste vert : ses feuilles tiennent tout l'hiver, c'est pour cela qu'on le repĂšre si bien sur un arbre nu.
- Ses baies sont blanches et mûrissent en général vers novembre-décembre. Elles sont toxiques pour nous : on les admire sans les goûter.
- Les grives le sĂšment : la grive draine mange les baies, et les graines collantes restent sur la branche oĂč elle s'essuie le bec 🐩
- Il y a des pieds mĂąles et des pieds femelles, et seuls les pieds femelles portent des baies.
- « Au gui l'an neuf » : c'est une vieille formule de tradition, on suspendait une branche de gui Ă  la maison pour la nouvelle annĂ©e.
En petit nombre, le gui gĂȘne peu son arbre. S'il devient trĂšs envahissant, il peut l'Ă©puiser, et on coupe alors la branche qui le porte 🏡
Et chez vous, dans quel arbre avez-vous repéré du gui ?

#AstucesMalins #Jardin 

jeudi 5 novembre 2026

Ste Sylvie

 9 surnoms oubliĂ©s de nos plantes

Avant les noms savants, nos campagnes avaient leurs propres mots, souvent drĂŽles, parfois un peu crus :
• Gratte-cul : le fruit de l'Ă©glantier
• Cul-de-chien : la nĂšfle
• Bonnet d'Ă©vĂȘque : le fusain
• Dent-de-lion : le pissenlit
• Pain de coucou : l'oxalis
• Cierge de Notre-Dame : le bouillon-blanc
• Épine noire : le prunellier
• Herbe de la Saint-Jean : le millepertuis
• Monnaie-du-pape : la lunaire
Chaque rĂ©gion avait les siens. 🗣️ Ceux de vos grands-parents mĂ©ritent d'ĂȘtre ajoutĂ©s Ă  la liste.



mercredi 4 novembre 2026

St Charles


 Avant de choisir une mĂ©thode, il faut savoir si la souche va repartir. Pour une bonne partie des arbres, la rĂ©ponse est non, et l'ouvrage le plus lourd devient inutile.

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LE POINT DE DÉPART, qui explique tout le reste. Une souche coupĂ©e Ă  ras ne meurt pas avec l'arbre. Les racines contiennent des rĂ©serves de sucres accumulĂ©es pendant des annĂ©es, et beaucoup d'essences les mobilisent pour repartir.
Une souche n'est pas un déchet. C'est un systÚme racinaire intact, avec un garde-manger plein.
LES DEUX MOTS À NE PAS CONFONDRE, parce qu'ils n'appellent pas la mĂȘme solution.
Le rejet part de la souche elle-mĂȘme ou de la base du tronc.
Le drageon part des racines, parfois Ă  plusieurs mĂštres de distance de la souche.
Détruire la souche rÚgle les rejets. Elle ne rÚgle pas les drageons, qui peuvent sortir à l'autre bout de la pelouse.
LA LIGNE DE PARTAGE PRINCIPALE, et elle fait gagner beaucoup de travail. Les résineux ne rejettent pas de souche. L'abattage d'un conifÚre entraßne généralement la mort du systÚme racinaire.
Un pin, un épicéa, un sapin abattus ne repousseront pas.
Les exceptions existent mais sont rares et identifiables : les ifs, Sequoia sempervirens, Metasequoia, Taxodium, Cryptomeria et Araucaria.
LES FEUILLUS, Ă  l'inverse. D'une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les feuillus rejettent bien de souche. Les chĂȘnes, les frĂȘnes, les sorbiers, les merisiers, les noyers, les bouleaux et le ginkgo rejettent aussi, mais avec moins de vigueur.
Et au-dessus, les champions : robinier faux-acacia, peuplier, saule, ailante, chĂątaignier, prunier, noisetier.
Chez ces espÚces, chaque blessure sur une racine superficielle peut déclencher l'émergence de nouveaux drageons. Autrement dit, intervenir maladroitement les multiplie.
CE QUE CELA DONNE SUR LE TERRAIN. Les drageons de peuplier et de robinier traversent pelouses, massifs et mĂȘme joints de dallage. Les rejets sont parfois assez puissants pour soulever un revĂȘtement de surface compact.
Et le temps joue pour eux : une souche coupée peut continuer à alimenter des drageons pendant plusieurs années grùce aux réserves stockées dans les racines.
Pour un robinier, il faut compter trois à cinq interventions étalées sur une à deux saisons avant que les réserves racinaires s'épuisent, en combinant coupe à la racine et traitement de la plaie à chaque passage.
LE DÉTAIL D'ARBORICULTURE, pour ceux qui veulent garder la souche vivante en cĂ©pĂ©e. Les rejets issus de bourgeons proventifs, qui apparaissent sous la coupe, sont mieux ancrĂ©s. Ceux qui naissent sur le bourrelet de recouvrement, Ă  partir de bourgeons adventifs, sont moins bien ancrĂ©s et risquent de s'arracher facilement : il vaut mieux les Ă©liminer.
Dans tous les cas, les rejets restent fragiles pendant leurs deux premiÚres années.
L'AVERTISSEMENT DU POST PRÉCÉDENT, et son explication technique. Il arrive que des racines d'arbres voisins de mĂȘme essence soient soudĂ©es entre elles, par anastomose, ou que les arbres soient issus de drageons d'un mĂȘme individu.
Un produit appliqué sur une souche peut alors se diffuser par l'intermédiaire des racines et entraßner la mort des arbres liés.
Ce n'est pas une prĂ©caution thĂ©orique : c'est la raison pour laquelle on Ă©carte les produits dĂšs qu'un arbre vivant de la mĂȘme espĂšce pousse Ă  proximitĂ©.
LA DURÉE SI L'ON NE FAIT RIEN. Les rĂ©sineux et les bois tendres, peuplier et tilleul, se dĂ©gradent en trois Ă  cinq ans. Un chĂȘne ou un robinier rĂ©siste beaucoup plus longtemps.
La dĂ©composition est l'Ɠuvre des champignons, des bactĂ©ries et de certains insectes, et sa vitesse dĂ©pend de la qualitĂ© du bois.
LES DEUX ARGUMENTS OPPOSÉS SUR LA SOUCHE LAISSÉE EN PLACE, et ils sont tous deux documentĂ©s.
Pour : une souche en décomposition sert de refuge à la biodiversité, insectes, abeilles sauvages, hérissons, oiseaux, et enrichit le sol en se décomposant. Des insectes rares, nécessaires à l'équilibre écologique du site, en dépendent.
Contre : les insectes xylophages, scolytes, capricornes, bupestes, pondent dans le bois mort. Une souche de rĂ©sineux laissĂ©e en place peut devenir un foyer de scolytes qui s'attaquent ensuite aux arbres voisins en bonne santĂ©, phĂ©nomĂšne documentĂ© dans les forĂȘts pyrĂ©nĂ©ennes aprĂšs les tempĂȘtes. Et les termites souterrains recherchent exactement ce type de gisement : humide, tendre, Ă  faible profondeur et proche des fondations.
Une souche de feuillu isolée au fond du jardin est un atout. Une souche de résineux au milieu d'une pinÚde, ou une souche contre des fondations, est un risque.
LES DEUX CAS QUI TRANCHENT SANS DISCUSSION. Le dessouchage complet s'impose dĂšs qu'une construction est envisagĂ©e sur ou prĂšs de l'emplacement, et dĂšs que la souche appartient Ă  une essence trĂšs drageonnante dont les racines doivent ĂȘtre Ă©liminĂ©es physiquement.
Résineux : elle ne repoussera pas. Robinier : elle repoussera ailleurs.

mardi 3 novembre 2026

St Hubert



 On cĂ©lĂšbre le foie gras comme un mets de fĂȘte, mais derriĂšre cette tradition se cache une souffrance que beaucoup prĂ©fĂšrent ne pas voir.

💔
Les oies ne sont pas des produits, elles sont des ĂȘtres vivants capables de ressentir la peur et la douleur. Elles mĂ©ritent de vivre libres, de marcher, de respirer et de profiter de la vie, pas de finir dans une assiette.
Une tradition ne devrait jamais justifier la souffrance d’un ĂȘtre vivant.

lundi 2 novembre 2026

Jour des Défunts Fin de la diversité linguistique de la France


 Le français, langue d’une minoritĂ©

- Le français est Ă  l’origine une langue d’oĂŻl parmi d’autres, celle de l’Île-de-France et de la cour.
- Avec l’ordonnance de Villers-CotterĂȘts (1539), on impose le français pour les actes juridiques et administratifs, mais ça ne change presque rien Ă  la langue du peuple : on continue Ă  parler breton, basque, occitan, flamand, alsacien, francoprovençal, corse, catalan, mais aussi une multitude de parlers d’oĂŻl locaux.
- À la fin de l’Ancien RĂ©gime, le français est surtout la langue :
◦ de la cour et de la haute bourgeoisie,
◦ de l’administration,
◦ d’une partie des Ă©lites urbaines.
- L’abbĂ© GrĂ©goire, en 1794, quand il enquĂȘte sur les patois, estime qu’une minoritĂ© seulement de Français parle vraiment le français. Le pays est massivement plurilingue.
Autrement dit : du point de vue politique, la France est dĂ©jĂ  trĂšs centralisĂ©e ; du point de vue linguistique, elle ne l’est pas du tout.
▪️Que montre la carte de 1863 ?
La carte que vous avez attentivement regardĂ©e provient de l’enquĂȘte menĂ©e auprĂšs des inspecteurs primaires sous le Second Empire (popularisĂ©e plus tard par Eugen Weber). Elle classe les dĂ©partements selon la proportion de communes oĂč le français est / n’est pas la langue d’usage.
En gros :
- En violet : dĂ©partements oĂč toutes les communes sont francophones (grosso modo le nord et l’est du Bassin parisien, la vallĂ©e de la Loire, une partie du Nord-Est).
- En orange / rouge : dĂ©partements oĂč toutes ou presque toutes les communes sont non francophones.
- En jaune : forte proportion de communes non francophones.
- En blanc : départements francophones, mais avec patois signalés.
Ce que ça veut dire concrÚtement :
- Dans une grande partie de l’Ouest (Bretagne, VendĂ©e…), du Sud (aire d’oc, catalan, basque) et de l’Est frontalier (alsacien, francique, occitan alpin, etc.), la langue ordinaire, au village, n’est pas le français. Au village, car Ă  cette date, la majoritĂ© de la population habite au village : la paritĂ© urbain/rural ne date que de 1931.
- MĂȘme dans les zones dites francophones, on parle souvent un patois d’oĂŻl trĂšs Ă©loignĂ© du français standard, et on ne maĂźtrise le français qu’Ă  l’Ă©crit ou dans des situations formelles.
Attention toutefois : non francophone ne veut pas dire que personne ne parle français. Ça veut dire que la langue majoritaire de la commune n’est pas le français, que la vie quotidienne se passe dans une autre langue. Souvent, les notables, le curĂ©, l’instituteur, certains paysans aisĂ©s sont bilingues.
Cela dit, en 1863, le clichĂ© d’une « France qui parle français partout » est faux. La situation linguistique du pays Ă©voque plutĂŽt un patchwork de langues et de parlers sur lequel le français gagne du terrain, mais n’a pas encore tout emportĂ©.
▪️Comment le français s’est imposĂ© ?
C’est entre 1870 et 1950 que le français devient la langue quasi exclusive de la population :
- L’Ă©cole : avec les lois Ferry (annĂ©es 1880), l’Ă©cole primaire laĂŻque et obligatoire impose le français comme seule langue lĂ©gitime. On punit les enfants qui parlent patois ; on les culpabilise.
- Le service militaire : Ă  partir de la conscription de masse, des jeunes hommes de tous les coins du pays se retrouvent mĂ©langĂ©s au rĂ©giment ; le français devient la langue commune dans l’armĂ©e.
- Les dĂ©placements : chemins de fer, migrations saisonniĂšres, exode rural, industrialisation bouleversent des Ă©quilibres dĂ©mographiques trĂšs anciens. RĂ©sultat : on se marie ailleurs qu’au village, on travaille en ville. Et la pression du français augmente.
- La presse, puis la radio et la tĂ©lĂ©vision : les mĂ©dias de masse ont besoin d’un vecteur commun partagĂ© par tous ; ils s’expriment donc exclusivement en français standard. Le journal et la radio sont de puissants outils d’uniformisation.
- La centralisation administrative : pour écrire au préfet, au percepteur, pour lire les formulaires, il faut bien sûr parler français.
Résultat : en deux ou trois générations, les enfants de locuteurs bretons, occitans, alsaciens, corses se transforment en francophones exclusifs.

samedi 31 octobre 2026

St Quentin


 DerriĂšre ces dix silhouettes se cachent en rĂ©alitĂ© deux ancĂȘtres sauvages bien diffĂ©rents

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L'oie cendrĂ©e, qui traverse encore le ciel de France chaque automne, a donnĂ© presque toutes les races d'Europe : Toulouse, Emden, PomĂ©ranie, SĂ©bastopol…
L'oie cygnoĂŻde, venue d'Asie orientale, est Ă  l'origine de l'oie de Chine et de l'oie de GuinĂ©e. Leur tubercule sur le bec permet de les reconnaĂźtre au premier coup d'Ɠil 👀
Chez l'oie Pilgrim, la couleur suffit pour distinguer les sexes dÚs l'éclosion : le jars est blanc, la femelle grise.
L'oie de Toulouse reste la grande fiertĂ© du Sud-Ouest, avec un jars qui peut dĂ©passer les 10 kg đŸŒŸ
La prochaine fois que vous croisez une basse-cour ou une foire agricole, un simple regard sur le bec et le plumage en dira long sur l'histoire de chaque oie .