mercredi 16 septembre 2026

Ste Edith


 À partir de 1829 le pantalon du fantassin et du cavalier français était rouge. Ou, plus exactement, garance, un pigment tiré d’une racine. Pourquoi un uniforme aussi éclatant ? Parce que les batailles du vieux monde se livraient dans la fumée de la poudre noire, et qu’il fallait, dans le brouillard épais, pouvoir distinguer l’ami de l’ennemi. Et dans les moments de paix, dans les défilés, ce pantalon était toute l’éloquence du corps militaire.

Cette esthétique bascule en 1884 avec l’invention de la poudre sans fumée. Le champ de bataille perd son nuage, et l’homme vêtu de rouge n’est plus désormais qu’une cible offerte. L’Angleterre passe dès 1902 au kaki après la guerre des Boers, l’Allemagne en 1907 au feldgrau, ou « gris de campagne ». La France, elle, est conservatrice et souhaite maintenir le panache de l’uniforme.
Revirement en 1914, lorsqu’on comprend que la guerre a changé et qu’il faut préférer la discrétion. En août, les acheteurs de l’armée commandent le drap tissé de fils bleu sombre. Distribué à partir du printemps 1915, généralisé seulement à l’automne 1916, il deviendra l’emblème éternel du poilu (les officiers gardent le noir). On l’abandonnera, déjà, en 1921.
➡️Pantalon garance, art du camouflage, affiches… le Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux consacre une exposition entière aux couleurs du conflit, si souvent oubliées. La visite commence dans Le Figaro Histoire : l.lefigaro.fr/PxH2

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