Il y a un bruit dans votre noyer, ou dans le chêne du chemin, ces jours-ci : toc, toc, toc, comme quelqu'un qui tape avec un petit marteau. Vous avez pensé « pic vert ». Ce n'est pas lui.
C'est un oiseau bleu et orange, gros comme un moineau, que vous avez vu cent fois sans jamais savoir son nom. La sittelle. Et elle a trois secrets.
1.
ELLE A UN ÉTAU. Elle coince la noisette ou le gland dans une fente de l'écorce, et elle tape dessus du bec, dix fois, vingt fois, jusqu'à ce que ça casse. Le noyer, en ce moment, c'est son atelier. Cherchez les fentes avec des coquilles dedans : c'est sa signature.
2.
ELLE DESCEND LA TÊTE EN BAS. Tous les oiseaux qui grimpent, le pic, le grimpereau, montent le tronc. Elle seule le descend, tête la première, comme si la gravité ne la concernait pas. Si vous voyez un oiseau descendre un arbre à l'envers, c'est elle, sans exception.
3.
ELLE MAÇONNE SA PORTE. Au printemps, elle prend un vieux trou de pic, trop grand pour elle, et elle en rétrécit l'entrée avec de la boue, jusqu'à ce que seule elle puisse passer. D'où son vieux nom : torchepot, celle qui torche le pot, qui maçonne. Regardez les trous de vos vieux arbres : un trou avec un bourrelet de terre sèche, c'est sa maison.
4.
ELLE FAIT DES RÉSERVES. Elle cache des graines dans l'écorce pour l'hiver, une par cachette, et elle les retrouve toutes. En janvier, à la mangeoire, c'est la petite bleue qui arrive en piqué, prend une graine et repart la planquer.

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